ET Maintenant

.                                                     ET  MAINTENANT

Je conserve au fond de moi le souvenir de l’herbe que nous foulions

De nos pas amoureux, dans le chemin

Que bornaient des pierres impassibles.

J’entends l’excitation des oiseaux

Dans l’effervescence de leur vol au-dessus de l’étang.

Je revois le contour de ta main aux doigts écartés

Pour cacher un sein que  je voulais découvrir

Et que, finalement, tu acceptais de révéler

Dans toute sa ferme rondeur.

Je conserve au fond de moi le souvenir des essaims

Sur la multitude de fleurs qui paraient la prairie

Dans sa robe de printemps,

De ce chapelet d’îles agenouillées sur la mer pour la prière du soir,

De la rivière qui s’accroupissait au pied de la colline,

De cette lumière qui glissait sur les eaux fauves d’une mer gorge de pigeon,

Des gerbes de nuages entassées

Dans un ciel qui ne se souciait pas de cette négligence,

De la brume de l’aube et du brouillard du soir.

Je me rappelle les allées parsemées d’herbes folles

Dans le jardin de ton oncle, le forgeron boiteux,

Tout bourdonnant d’abeilles avec ses ruches

Dont nous n’osions nous approcher,

Avec ses groseilliers, ses cassis

Et nous échangions des baisers barbouillés de jus acidulé.

Nous suivions les sentiers de la pluie qui se faufilaient entre les buissons

Et le chemin des embruns vers la grève déserte.

Et maintenant, j’éparpille les morceaux  de ce  temps passé

Que j’ai déchiré  pour tenter… de l’oublier.

 

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Bribes 10

                                                                          10

Des chuchotements,
de feuillage

révèlent
la vie cachée d’un oiseau

                                                      J’espère  qu’il s’envolera

et que tu viendras me rejoindre

sous cet arbre au bord de la rivière

Le  vent pousse le nuage et le guide vers les terres qu’il faut arroser

La rivière a du mal à obéir aux rives qu’on lui impose

Et ne pense qu’à se rebeller

Le sol boit goulûment la pluie qu’on lui verse

La rivière se libère de ses berges

Je veux créer l’accord total entre la mer et le  rivage

Des étoiles paresseuses font la sieste

Le miroir renvoie des images inverses fourbes

De retour de voyage l’oiseau se repose dans son nid.

Je ne scie pas la branche sur laquelle il l’a construit

L’arbre dénonce le bois

Je subis un jour bruyant après une nuit silencieuse

Les pieds dans une eau moribonde.

 

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Bribes 9

9                                                                        Illustration

Je longe des rivières languissantes

Par manque d’eau

D’autres turbulentes

Au bord desquelles poussent des forêts accablées de  feuillages

Gavé de fleurs le jardin  éructe des parfums et des couleurs

Je dévale joyeux la colline

Dans un nuage d’oiseaux primesautiers
Et m’étends au pied de l’arbre

Aux racines écartées comme des orteils

Effleurant du sol les cailloux
Sous un soleil de printemps

Prodiguant ses caresses aux frondaisons

J’emprunte une route que découpent en tranches de lumière
Les ombres parallèles des ormes qui la bordent

Voyageur imprudent, je parcours l’atmosphère

Où la terre dessine une parfaite sphère

Bleue avec l’océan lui  donnant  sa couleur

Et la forme d’un fruit au noyau de chaleur.

Je traverse l’ajonc de cette immense lande

Qui s’étend jusqu’au bout de ce lieu de légende

Le soleil sur la mer très doucement descend

Poser avec douceur sur ses lèvres humides

De longs baisers de feu sous des cieux si livides

Parce qu’ils sont jaloux de ces noces de sang

 

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Bribes 8

                                                                                   Illustration

 

8

Le vent pousse les nuages en faisant de gros efforts

 Car ils sont lourdement chargés de pluie

L’horizon arbore un panache de fumée

Une accorte journée d’été

Des taches de lumière sur la robe de la nuit

Je navigue paisiblement sur une eau placide

J’enlace la mer du regard  comme si je voulais l’étreindre

Et plonge dans de sombres profondeurs

Je me noie dans une solitude sans limites

D’insolites sinuosités sillonnent la surface miroitante

 Des nuages  lourds croisent des vents légers

Je vois le soleil fendre l’horizon

Bientôt tout tombe dans un sommeil universel

La mer reflète un cercle de lumière dont s’imprègnent les vagues qui miroitent

Des lueurs fugitives s’immobilisent sur les découpures de la côte

 Et trouent le ciel naval

 

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Bribes 7

7

Mûrissant un péché de  lumière

Le  firmament d’ouest passe du saumon  rose au coquelicot pourpre

Dans lequel clignote une étoile oubliée

La violence du vent ponctue le calme de l’étendue

Et provoque l’appareillage des frondaisons ocre vers  d’autres arbres

Des cumulus sombres rapides rapaces dévorent le soleil

Des volatiles noirs planent au-dessus des voiles blanches

La brise légère accouche d’une tempête

J’erre dans la clarté fragile  d’un  frais matin d’été

Dans l’enchantement  de la campagne

Sur l’âpreté du rivage

Avec indolence

Je me débarrasse de tous ces liens trop serrés

A travers les feuilles pendantes

Je  découvre un ciel délicieux et éblouissant

Doré mystérieusement

Je m’incline  vers les fleurs qui me fascinent

Le flux du jour  s’écoule avec lenteur

Nous avançons dans les hautes herbes

Dans des champs truffés de coquelicots

Ecrasés par les nuages

Sous une lumière mutilée

Nous marchons sur la pierre usée tachée

De lichens proches du pelage ou du végétal

Et nous atteignons des maisons  abandonnées

Mais occupées par une végétation exubérante et sauvage

Magique lumière qui valse

Le vent s’égare dans un lieu où il ne devrait pas souffler

Je suis un chemin inconnu qui vient d’ailleurs et ne va nulle part

Le vent bredouille à ma porte

L’obscurité  retient captive la lumière du jour et ne veut pas la libérer

Un soleil assoiffé boit dans la mare aux canards en leur chauffant les plumes

 

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Bribes 6

6

6

La forêt témoigne d’une félicité totale

L’apaisement qu’elle nous procure nous protège de l’infortune de l’univers

Soir nonchalant feutré de brouillard

L’horloge acerbe sonne l’heure inexorable

J’efface les bruits du jour

Qu’une  fraîche clarté  éclaire

Le ciel immaculé ébauche une courbe vers l’horizon

Un oiseau extravagant  nous charme avec sa ritournelle

Une aube de poussière se lève sous un ciel blêmi

Et dans ce morne jour le vent bougonne

Alors que, avec une légèreté embaumée, la rivière coule à flots

Et qu’il pleut à torrent

 Je vais découvrir une  source abondante qui ne  tarit jamais

Après avoir réveillé le tison qui s’éteint

Et je reviendrai après avoir vaincu le vent dans son arrogance.

 

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Bribes 5

5

Je révèlerai les secrets de l’univers

J’atteindrai  l’au-delà

En ce moment je subis la  fascination du néant

 Je perçois des hurlements lointains

Car l’exode des oiseaux diverge des vols habituels

A  la lisière de la tempête  souffle un vent migrateur

Alors qu’un nuage d’angoisse cache le soleil du plaisir

Chassera-t-il le vent de l’espoir ?

J’évite tous les pièges du vent vagabond de la vague agressive

 De l’ornière du chemin et des griffes de la haie

Au-dessus de moi se déroule le firmament

Peut-on dans un rêve bienveillant extraire

La clarté du jour des profondeurs de la nuit

J’escalade l’arbre du mal pour cueillir le fruit du péché

Cette grosse pomme rouge qui a mûri de tous les soleils de la perversion

Je recherche des zones de quiétude

Pour connaître  l’assoupissement céleste de l’immortalité

En écoutant les notes fougueuses du piano

 Et les harmonies éthérées de la flûte

Dans la touffeur de l’air

Je combats l’obscurité avec un glaive lumineux

J’affronte la frayeur de cette contrée inconnue

Où tous les êtres vivants se livrent à la recherche perpétuelle

 D’un nid pour l’oiseau d’un gîte pour le lièvre d’une tanière pour le fauve

Et de tes bras pour moi

J’aime les marins de la mutinerie les paysans de la révolte

Et les ouvriers de l’émeute

Et hais les autres

J’éprouve des démences innocentes et des joies fébriles

Je  retrouve une campagne épuisée de cultures et de récoltes continuelles

Pleine  d’allégresse champêtre

Et  de vastes contrées habitées par la candeur.

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