Automne

                              Automne

Soudain le ruisseau est pris de convulsions

Son  courant frétille

 Il apprécie  les rayons du soleil qui l’effleurent

Je contemple du pont

La mélancolie d’un crépuscule d’automne

L’infinie fraîcheur

L’ombre étouffant la lumière entre ses bras

La couleur fluctuante des eaux

Une  gerbe de lumières

Un arbre s’allège de son feuillage touffu

            La forêt joue toute une gamme de couleurs :

            Cuivre, or, bronze, rouille, aune,  rouge, doré, pourpre.

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Rivages

RIVAGES

 

1

Rivage obscur

 

 

Alors que la brume dérobe la mer à ma vue, les îles oscillent sous la brutalité des coups de vent et se dispersent des esquifs dont se brisent les filins. Un ciel obscur moucheté de mouettes blanches m’emprisonne sur la grève et je ne peux m’échapper, paralysé par l’angoisse qui suinte de ces  lieux hantés  par tous les êtres disparus, où les eaux bondissent par-dessus les récifs.

 

Immobile sur la rive,  je regarde passer une barque avec son équipage mystérieux.  Déployant ses immenses ailes, un albatros plane au-dessus des vagues de cette  mer obscure et dangereuse, aux écueils dissimulés sur lesquels se ruent les flots déchaînés comme une meute de molosses. La nuit m’enveloppe en tressant des voilages sombres et, sur la voûte ténébreuse du ciel, je vois miroiter les étoiles.

 

2

.

Rivage clair

 

 

 

Ceinturé de soleil, je me noie dans une profonde clarté sous le ciel de l’enchantement alors que les couleurs chatoient comme des mirages.

Les contours de la baie  s’échancrent et les bateaux s’ancrent dans le bleu de la mer qui s’alanguit sous celui du ciel et que le  soleil transforme en un  étal de joyaux.

Bientôt les rochers s’embrasent au soleil couchant et règnent alors l’apaisement sur la mer, la sérénité sur les étoiles qui se hâtent de  luire.

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A l’aube

A l’aube

J’effeuille l’aurore entre mes doigts

La lumière grelottante conspire encore

Avec l’ombre silencieuse

Déjà des fleurs  s’étirent

Et leurs corolles bâillent

Un oiseau pianote sur l’écorce

Dans la maison règne encore une clarté froide

A travers le tissu humide de l’aube

L e matin s’avance à pas feutrés

Sous la paix des nuages

Bientôt le jour ivre titube

Et chante à tue-tête.

La Fresnais 13.09.1957

 

 

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MAISON A L’AUBE

MAISON À L’AUBE

Les tuiles les feuilles chantent
L’aube s’efface large et multipliée
et la fenêtre qui se détache de la maison

Dans la chaleur qui vibre déjà
La mer secoue les fleurs
L’herbe ausculte les murs
Et les épis se séparent de la pluie

Les vitres étincellent
Et l’émotion gonfle la maison
Enivrée par l’alcool du vent

La rue descend vers la mer
Près de l’arbre qui déchire le paysage

Les oiseaux ferment la cage et disparaissent
Alors que le soleil cuit la terre
Eclabousse les toits
Ruisselle sur le blé
Et inonde le ciel de silence

(Jean-Baptiste Besnard)

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Suite végétale

Suite Végétale

1

Le soleil jette sa lumière

Sur l’herbe très bleue et le lierre

Il trace les carrés jaunes du paysage

Qui guette le vent froid  à son dernier passage

Les forêts brodent  sur le ciel

Avec les aiguilles de pins

La clarté aiguise le soleil

Sur les durs cailloux du chemin

J’aperçois le village à travers les ajoncs

Je vois tomber le soir  le brouillard qui s’élève

Au-dessus de la mer en cachant l’horizon

Et je marche en foulant le sable de la grève

Je traverse le champ

Dont la terre est en blé

L’oiseau que j’ai troublé

En criant s’envole au couchant

2

Fusillade d’or dans la folie végétale

Démoniaque vert sous les torches du soleil

L’horizon se penche vers le ciel

Nuit brisée en tombant sur les dalles

3

La mer verte agitant ses feuilles

Avec ses doigts de vagues cueille

L’algue sur le sable argenté

Que frôlera le vent bleuté.

La Fresnais 09.09.1953

 

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Paysage captif

            Illustration

PAYSAGE  CAPTIF

Derrière les barreaux de la fenêtre, le paysage était captif. Des morceaux d’arbres oscillaient. Un oiseau tournait en cage. Le soleil envoyait des rayons coupés.

Le lendemain, on ajouta un grillage. Les arbres ne tremblaient plus que par petits fragments. Des morceaux d’oiseaux planaient sur un ciel quadrillé. Le soleil n’émettait plus que des points de suspension.

Le surlendemain, on cloua des planches. Mais le prisonnier grimpa sur son tabouret et, collant son œil à une fente, il vit le paysage tout entier ; les arbres, les oiseaux, le soleil, le ciel.

Id 05.09.1953

 

 

 

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Le soleil

LE  SOLEIL
Le soleil entre avec des bouffées d’air pur, des rires d’oiseaux, des rumeurs lointaines. Il trace sur les murs des traits lumineux et se livre à des jeuxd’ombre et de lumière. Je plaque ma main sur les taches qu’il fait.. Je le poursuis pour le saisir au vol, l’emprisonner tout vivant, mais il s’échappe en riant. Je ne bouge plus et il danse autour de moi.

LA  FRESNAIS  03.09.1953

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