Hommage à Johnny

 

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HOMMAGE  A  JOHNNY

Noir, c’est noir ;

C’est fini

Pour Johnny,

Plus d’espoir.

Je te revois, la sueur

Coulant sur ton visage

Eclairé  par la lueur

D’un violent projecteur,

Alors que jeune chanteur

Tu chantes un air sauvage

Qui vient du blues,

Par delà les mers

De cette ville dite « News-

Orléans pour dire les amers

Sentiments de désespoir

Du peuple noir,

De sa foi et de son amour,

De sa tristesse et de son humour,

Au bord de ce fleuve puissant,

Majestueux mais parfois rugissant,

T’accompagnant à la guitare

Instrument de cette musique

Poignante et rythmique

Et parfois barbare.

Noir, c’est noir,

C’est fini

Pour Johnny,

Plus d’espoir.

Mais tu restes en nous

Comme quelque chose

Qui ne s’oublie pas et s’impose

Et rend ce drame plus doux,

Car je te revois en Camargue,

Dans ce marais immense,

Chantant que la vie commence,

Même si la mort nous nargue.

Nous devrons rallumer  le feu

Sans toi si l’on veut

Que le ciel reste bleu

En nos cœurs même s’il pleut.

Tu es parti pour cette île lointaine

Dont le nom rappelle un horrible massacre

Provoqué pat la sottise humaine

Mais, en ce moment crépusculaire,

Roi de la musique populaire

Ou de la Musique tout court, on te sacre

Et, si le paradis existe

Tu y retrouveras

Tous les plus grands artistes

Et avec eux tu chanteras.

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SUR LE RIVAGE

 

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        Sur le Rivage

Tout au bord de la grève,

Bientôt le soleil lève

L’ancre de son escale

Sur l’horizon d’opale.

Pour un autre univers

Aux grands espaces verts,

Lentement appareille

Sa lumière vermeille.

La tempête attise le feu

Dans l’arbre que frappe l’orage.

L’émeraude se mêle au bleu

Et la mer n’est plus qu’un mirage.

L’essaim des brises cristallines

Survole la côte écumeuse

Et de longues mains lumineuses

Arrachent les algues marines.

Quand le bleu vivant de la mer

Avec le bleu figé du ciel

Colore un horizon trop clair,

Il s’élève un soleil de miel.

La rive que le flot échancre

Comme un corsage de lumière

Abrite le navire à l’ancre

Entre des mamelles de pierre.

Dans un incendie bleu

Avec des flammes d’or,

Toute la clarté pleut

Sur la rumeur du port.

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Rencontre

Je marchais sur un rivage abasourdi de soleil

Sous un ciel tatoué de quelques nuages blancs

Tandis que le flot étalait la couleur chatoyante de la marée de l’aube

Je parcourais déjà cette terre

 Bien décidé à en percer les mystères

Aussi je tournais autour de l’église et du presbytère

Espérant une apparition

Et ce fut toi qui venais pour prier

Et nous partîmes ensemble sur ce chemin de pierre

Que le jour  ensoleillait  main dans  la main.

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Passage du temps

J’effeuille l’aube entre mes doigts

La lumière grelottante conspire encore

Avec l’ombre silencieuse

Déjà des fleurs s’étirent

Et leurs corolles bâillent

Déjà un  oiseau pianote sur l’écorce

Dans la maison règne encore une lumière froide

A travers le tissu humide de l’aube

Le  matin s’avance à pas feutrés

Dans la paix des nuages

Bientôt le jour titube

Et chante à tue-tête.

 

La Fresnais 13.09.1957

 

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Etoiles

J’enterre une étoile au pied du chêne

                                             Et en pêche d’autres qui scintillent

Dans le bief avec des anguilles qui frétillent

Je roule doucement sur la route

Quand planent les oiseaux sauvages

Au-dessus des rivages

Où souffle un vent apaisant

Les oiseaux qui passent nous saluent de leurs cris

La rivière halète sous les ponts des soupirs

Une frugale clarté brille dans le ciel

Sur le seuil de la maison où je balaie

Une poussière d’étoiles tombée cette nuit

Forêt abandonnée terre délaissée village déserté

Parfaites harmonies enfance sereine

La prairie verdoie

Sous un soleil qui rougeoie

 Et que traverse un chemin qui poudroie

Au bord de la rivière qui ondoie

Dans laquelle l’ombre du pont se noie

 Dans le vent qui se déploie

 Et le jour qui chatoie

 Maintenant privé de toute  joie

 Un violent ennui me broie

Dont je suis l’innocente proie

 Et sous ce fardeau je ploie

 Alors avec une plume d’oie

 J’écris ce message que je t’envoie

Mon regard se repaît du spectacle des vagues

Qui s’élancent vers moi tandis que je cargue

Les voiles d’un petit bâtiment pour la course

Qui appareillera la nuit sous la grande ourse

Rien ne me ravit plus que le parfum des roses

Du matin que je sens  au milieu du jardin

Dans lequel je flâne avec un gros gourdin

Pour me défendre des vilaines choses

                            Les eaux silencieuses coulent sans bruit

Pour ne pas troubler la paix de la nuit

Et ne pas réveiller les dormeuses étoiles

Qui cachent leur clarté sous de vaporeux voiles

Parmi les silences j’apprécie particulièrement

Ceux du matin au réveil du jardin

Où fleurit le jasmin

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Avec ou sans toi

           Avec ou sans Toi

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Tandis que les vagues déferlent sur la plage

Mes mains t’accompagnent sous un vent frémissant

Fille capricieuse

À la bouche friande de fruits et gourmande de baisers

Au  sourire avenant

Sur une terre avide  dans un corset végétal

L’ombre  hautaine flotte dans l’air

Au-dessus d’une galerie de verdure

Alors que la mer paisible professe la sérénité

Je traque l’obscurité

Dans le vide infini de l’espace

Le fleuve dédaigneux ne s’attarde pas dans la ville

J’éprouve un plaisir lascif et une nostalgie mortelle

Je proclame l’union du feu et de l’eau

De l’air et de la terre

                                Sous ton regard radieux

 Et j’entends les spasmes de la mer

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Les souvenirs se libèrent en vrac de la mémoire

Le printemps azure le jardin d’étoiles fleuries

Je marche seul dans la campagne

L’oreille réceptive aux plaintes des oiseaux blessés

Au bord de la rivière luisante comme un cristal d’eau

Sur moi descend la quiétude rajeunie du bocage

Où rougit le coquelicot des champs de blé

L’aube accoudée au rempart veille sur les eaux éplorées des bassins déserts

Le soir se glisse furtivement entre la fin du jour et le début de la nuit

Je discerne la complainte mélancolique d’un musicien invisible

Il souffle un seul vent qui emporte tout sous un nuage somnambule

Si le jour s’exprimait il me saluerait

Flâneur désinvolte je côtoie des lieux que je dédaigne ……

Mais mon regard suit le vol des mouettes au-dessus de la grève

Et observe le fruit qui mûrit sur l’arbre au soleil du printemps

                                               Je rentre pour te rejoindre près du feu.

J’entendrai l’horloge qui bourdonne

                                               Et rythme le mouvement des minutes en le martelant

Nous  aurons des étreintes ardentes près des flammes fougueuses.

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Mouvements

                   Mouvements

Je navigue dans l’imaginaire

Vagabond des nuits chemineau des jours

Sous le clair visage du matin ou la face sombre du soir.

Et discerne une couleur impalpable dans un fragment de

A travers une masse étanche de silence

J’atteins un horizon taciturne et rude.

Un effleurement qui se fait  blessure

Me provoque une douleur infinie.

La braise excite la fougue de la flamme

Le soupçon sème la graine empoisonnée des séparations

                                          Qu’emporte le torrent des passions humaines

Je me concerte  avec mon cœur prêt à se lancer

Dans une nouvelle aventure que j’appréhende

J’entends souffler le vent et m’adresse aux étoiles

Et vois appareiller des centaines de voiles

Vers des lieux fabuleux sur le vaste océan

Jusques au bord du gouffre où s’ouvre le néant

Je propulse mon esprit au-delà de l’infini

Le ciel est un immense atelier d’astres en action

Une clarté épuisée se traîne

Sur la rivière en crue qui submerge la berge

La pluie revivifie les fleurs mais ravine les chemins

Nous irons main dans la main

Joyeusement jusqu’à l’auberge

Le long d’un ruisseau  émouvant de limpidité

Sous le pimpant feuillage d’un tronc visqueux

L’aube distille tous les parfums des champs

Et des bois à la verdure apaisée

Le brouillard ceinture le port

De vastes espaces d’émanations délectables

De vagues juvéniles et de flots bourrus

La mer infestée de récifs

Aux flots indomptés comme des chevaux  rétifs

Se cambre  brutalement

Devant le Grand Bey ou Cézembre

La  nuit  parsemée d’étoiles grelottantes

Et le jour qui lance le disque ardent du soleil

Pour asperger le ciel de lumière nous guident

Un oiseau d’une impassibilité impertinente

Qui trace  des ronds à une hauteur astronomique

Nous dit de rentrer à la maison pour nous reposer

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