Bribes 4

                                       4

Je me rappelle l’Ile du Bac où je naquis

Que ne connaissent pas les Conflanais

La station Desmarais où s’arrêtaient les automoteurs

L’usine Bonna et ses monstrueux tuyaux à l’intérieur desquels nous rampions

J’irai au pays  ténébreux

Où toute lumière est proscrite

Et descendrai  peu à peu dans les profondeurs de moi-même

Avec une simple bougie

Pour m’éclairer le plus faiblement possible

Pour ne pas nuire à l’épaisseur de l’ombre

Je contemple les terroirs dans leur primitive divergence

Alors qu’une fragile clarté affronte l’ombre puissante

Qui s’avance inexorablement avec la nuit

Démesurément entiché de sérénité

Je fuis le tumulte joyeux

Sous un nuage de tristesse

Qui efface la joie d’un ciel

Qu’un rayon de miel

Avait comblé d’allégresse

Les heures crépusculaires sonnent au clocher

Dans la brume qui s’élève des rivages troubles

Je m’assieds à la table

De l’hôte affable

Et sa fillette aimable

Me récite une fable

   (Mercredi 23.01.1980)

 

 

 

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Bribes 3

iLLUSTRATION

   3

La colère de la flamme

Dans le silence sature l’espace

L’ombre s’épaissit devant moi

Comme pour m’empêcher d’avancer

Et de  vivre dans la maturité des jours

Avec une sagesse décuplée

De dormir dans la profondeur sereine des nuits

Qui compose une vie accomplie

 Savoir apprécier les joies simples

Un doigt de whisky en équilibre sur un glaçon

Dans un  verre incrusté d’un rayon de soleil

Croquer dans un croûton croustillant

Te prendre la main pour te mordiller les doigts

Ta bouche pour te mordre les lèvres

Ouvrir ton corsage pour te croquer les seins

Et te dévorer tout entière

Par faim amoureuse

Ne pas décrocher la lune mais le soleil au risque de se brûler

Je préfère les contrées indomptées

Et foule les herbes des berges de la Seine

Sous les arbres au feuillage penché vers l’eau

Je traverse aussi la forêt vénérable de Saint Germain

Avec son bruissement de frondaisons

Effleurées par l’angélique délicatesse d’un souffle matinal

Je pénètre dans  le secret d’une efflorescence éthérée

Qui procure une consolation à ma mélancolie

Alors qu’un  trait de lumière à travers le bosquet

Et les eaux frétillantes de l’étang

Me comblent d’aise au bord de l’extase contemplative

D’une rivière avide de parcours à travers la plaine d’Achères

 (Mercredi 16.01/ Lundi 21.01.1980)

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Bribes 2

                                 2

Le jour brille le soleil de l’exubérance

Le ciel est dans une prison de nuages

Qu’il ne compte pas sur moi pour le délivrer !

Je traverse un pays torturé par la guerre

 Sans crainte je touche l’horizon qui se rapproche de moi

Je passe des nuits démentes et des jours fous

Ecorché par les éléments

Dans un lieu de beauté

Où le regard  b raqué sur les étoiles

J’affronte  le courroux marin

Pour avoir foulé avec rage tout le sable de la plage

Je palpe mon ombre

Délicatesse insolite

Je cherche à résoudre l insupportable mystère de l’existence pour retrouver Cette paix intérieurs dont on ne peut savourer les bienfaits

 Avec une âme inquiète.

Le  cri  qui monte des gouffres de la conscience, les exhortations du ciel

Et de la nature me parviennent et tout se fait silence

Pour que je puisse communier avec moi-même.

Peut-on cueillir les fruits de l’affliction pour les consommer

Avant qu’ils ne soient trop mûrs ?

Je scrute les sommets et sonde les abysses

 Le ruisseau gazouilleur s’abandonne à la paresse

 

(Vendredi 11.01.1980)

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BRIBES 1

                        BRIBES  (samedi 3 mai 1980)

                                             1

Je me blottis dans les bras ardents  du soleil

Des créatures languissent au carrefour des songes

où je tombe d’épuisement

L’horizon  m’épouvante  aussi je le fuis le plus loin possible

sous un soleil de cristal en feu dans l’œil de la ville

Je n’ai plus d’amitié à distribuer

et de tendresse à offrir à qui que ce soit

qui mendierait dans la rue

plus de rêves  à partager avec toi

qui ne rêve jamais

et je ferme les yeux pour ne plus voir

la nuit briller l’étoile du silence.

 

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Compositions 8

                                          8

Le vent pousse les nuages en faisant de gros efforts

 Car ils sont lourdement chargés de pluie

L’horizon arbore un panache de fumée

Une accorte journée d’été

Des taches de lumière sur la robe de la nuit

Je navigue paisiblement sur une eau placide

J’enlace la mer du regard  comme si je voulais l’étreindre

Et plonge dans de sombres profondeurs

Je me noie dans une solitude sans limites

D’insolites sinuosités sillonnent la surface miroitante

 Des nuages  lourds croisent des vents légers

Je vois le soleil fendre l’horizon

Bientôt tout tombe dans un sommeil universel

La mer reflète un cercle de lumière dont s’imprègnent les vagues qui miroitent

Des lueurs fugitives s’immobilisent sur les découpures de la côte

 Et trouent le ciel naval

 

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Compositions 7

                                                           7

Mûrissant un péché de  lumière

Le  firmament d’ouest passe du saumon  rose au coquelicot pourpre

Dans lequel clignote une étoile oubliée

La violence du vent ponctue le calme de l’étendue

Et provoque l’appareillage des frondaisons ocre vers  d’autres arbres

Des cumulus sombres rapides rapaces dévorent le soleil

Des volatiles noirs planent au-dessus des voiles blanches

La brise légère accouche d’une tempête

J’erre dans la clarté fragile  d’un  frais matin d’été

Dans l’enchantement  de la campagne

Sur l’âpreté du rivage

Avec indolence

Je me débarrasse de tous ces liens trop serrés

A travers les feuilles pendantes

Je  découvre un ciel délicieux et éblouissant

Doré mystérieusement

Je m’incline  vers les fleurs qui me fascinent

Le flux du jour  s’écoule avec lenteur

Nous avançons dans les hautes herbes

Dans des champs truffés de coquelicots

Ecrasés par les nuages

Sous une lumière mutilée

Nous marchons sur la pierre usée tachée

De lichens proches du pelage ou du végétal

Et nous atteignons des maisons  abandonnées

Mais occupées par une végétation exubérante et sauvage

Magique lumière qui valse

Le vent s’égare dans un lieu où il ne devrait pas souffler

Je suis un chemin inconnu qui vient d’ailleurs et ne va nulle part

Le vent bredouille à ma porte

L’obscurité  retient captive la lumière du jour et ne veut pas la libérer

Un soleil assoiffé boit dans la mare aux canards en leur chauffant les plumes

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Compositions 6

                                                   6

La forêt témoigne d’une félicité totale

L’apaisement qu’elle nous procure nous protège de l’infortune de l’univers

Soir nonchalant feutré de brouillard

L’horloge acerbe sonne l’heure inexorable

J’efface les bruits du jour

Qu’une  fraîche clarté  éclaire

Le ciel immaculé ébauche une courbe vers l’horizon

Un oiseau extravagant  nous charme avec sa ritournelle

Une aube de poussière se lève sous un ciel blêmi

Et dans ce morne jour le vent bougonne

Alors que, avec une légèreté embaumée, la rivière coule à flots

Et qu’il pleut à torrent

 Je vais découvrir une  source abondante qui ne  tarit jamais

Après avoir réveillé le tison qui s’éteint

Et je reviendrai après avoir vaincu le vent dans son arrogance.

 

 

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