DUNE

Le flanc de la dune

reçoit les caresses du vent du large

alors que je plonge dans l’obscur des abîmes

qui se creusent devant moi

à mesure que j’avance dans la futilité du moment

où je n’entends qu’un gazouillis invisible

presque inaudible qui me parvient

et continue en emportant mon angoisse

au-delà du rivage qui recule

jusqu’à l’entrée du village

qui flotterait volontiers

pour voyager  et aller s’implanter

dans un lieu mirifique

car il jalouse ceux  qui ont poussé

sur des îles au sein de la mer

et non dans cette lande ingrate.

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Mouvements

Beautiful young girl sitting on blanket under giant oak and reading book on sunny summer day.

  Illustration

MOUVEMENTS

Je ne suis qu’un passant éphémère

      Mais je reviendrai un jour

Revoir ces lieux

                       Et tenter  de retrouver les horizons d’antan

Avant qu’ils ne disparaissent de ma mémoire

J’avance  dans un chemin de boue carrelé de silex dur

Où j’imprime mes pas pour me rendre à un rendez-vous

Sous le chêne séculaire où m’attend une jeunesse

Au regard flegmatique et à la voix fascinante

Alors que je marche mon regard erre sur les champs

Et je respire des senteurs imbibant l’atmosphère

Les blés se tordent sous le poids des épis

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Barbarie

BARBARIE

 

Des baraques le bois empestait la résine ;

A Dachau, Ravensbrück, Treblinka, Terezine,

Les nazis avaient fait de la mort une usine

L’uniforme impeccable, ils avaient l’air bravache

En face d’hommes nus. Avec une cravache,

On se sent courageux alors qu’on n’est qu’un lâche.

C’était un lieu sinistre où dominait la peur,

Une réalité qu’on voudrait une erreur.

 

Vous étiez arrivés de tous les horizons

Dans le fer surchauffé ou glacé des wagons.

On vous fit aller nus par des temps de rigueur

Alors que les plus forts perdaient toute vigueur.

Et que tous les enfants partaient en fumée noire

Sur le sein maternel dans le four crématoire.

 

C’est un passé récent qu’à ses enfants l’on cache,

Dans les livres d’histoire une bien sombre tache

Et pourtant il faut bien que chacun d’eux le sache

Et ne pas ignorer que, dans quelques usines

Avec des juifs, on fit du suif pour les cuisines.

 

Conflans sainte Honorine  Novembre 1968

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MAI 68

Au mois de Mai

Les bourgeons éclataient

Sur les usines le drapeau rouge flottait

Le printemps chassait l’hiver gaulliste

Il fleurissait des jonquilles dans les prés

Des barricades dans les rues

Du sang sur les pavés

Dans la campagne rôdait l’odeur de l’herbe

Et dans les rues celle du gaz lacrymogène

Il tombait des pétales dans les jardin

Et des grenades sur le macadam

Le temple des faux prophètes oscillait

La Bourse brûlait

Avec les actions de Péchiney

Hélas ! ce ne fut qu’un feu de paille

Et de quelques meules près des Mureaux.

                                       CONFLANS  MAI   68

 

 

CONFLANS   MAI  68

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SUR LA GRÊVE

Dans le vent de la mer, sur l’âpre grève grise,

Tu vins, mouette d’amour, sur l’aile de la brise,

Poser, bel oiseau blanc, dessus le sable brun,

Tes deux ailes d’azur, au souffle de l’embrun.

     BRETAGNE  AOÛT 1947

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POÈME GÉOMÉTRIQUE

Illustration

POEME   GEOMETRIQUE

La courbe du ciel et l’horizon comme tangente

Un arbre perpendiculaire à son image

Dans l’étang

La pluie oblique

Cube sur cube

Un oiseau au bec triangulaire

Son chant mis en équation.

Mars 1949

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Mai 68

MAI  68

 

CRS  SS

Crie-t-on dans les rues de Paris

Qui retrouvent leurs barricades  oubliées

La foule brandit des banderoles

Unité Ouvriers Etudiants

Fouchet démission

Peyrefitte démission

Les forces de l’ordre provoquent le désordre

Grenadent le Quartier-Latin

Qui suffoque et pleure dans les mouchoirs

Avec des casques de motocyclistes

Des couvercles de lessiveuses

De grosses chaînes

Des bâtons hérissés de clous

De pierres

Les jeunes s’élancent sur les CRS

Casqués

Armés de grands boucliers

De matraques et de grenades

La morgue du général tremble sur son piédestal.

PARIS  Mai 1968  Place saint Michel

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