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La seine

Au milieu des brumes vaporeuses,
Je descends la Sente des Laveuses.
La Seine serpente de Conflans à Herblay
Et je foule en rêvant les herbes du remblai.
Le vent incline l’herbe aquatique
Au bord de l’eau lourde qui clapote
Contre la berge avec laquelle elle papote.
Sous le gros tronc d’un arbre hiératique.
Une barque attachée à la rive
Par un filin d’acier veut fuir à la dérive
Pour suivre enfin au fil du courant
Le vol rapide d’un cormoran.

(Jean-Baptiste Besnard)

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JARDIN

A cause de l’automne,

J’ai l’impression que l’espace mendie

Un peu de sérénité.

J’assiste à l’invasion du béton

Dans la campagne verdoyante,

Dans laquelle disparaît peu à peu

Ce qui en faisait l’attrait.

Soudain,  un vent violent soulève

Un épais nuage de poussière

Qui emmaillote le chemin et le bois.

Je respire avec plaisir

Les arômes vaporeux de ton jardin.

Une odeur suave monte

Que l’on savoure le soir

Dans le tourbillon du vent marin

Au-dessus de l’écume,

En attendant que l’épaisse brume

Nous recouvre de ses plis.

Nous regagnerons ta chaumière

Loin dans les bruyères.

Elle se drape de verdure

Pour résister au soleil intense de l’été,

Se protéger du froid de l’hiver

Et nous rendre la vie moins dure.

Les arbres dépassent la hauteur des murs.

Jardin de campagne Gustav Klimt
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MER SAUVAGE

J’aime la mer violente

A la vague furieuse

Et non la mer trop lente

A la vague rieuse

J’aime la mer sauvage

Qui griffe le rivage

Et non la mer trop douce

Comme un tapis de mousse

J’aime la mer si fauve

Qui vient en rugissant

Du large en bondissant

Tout le monde se sauve

J’aime le mer d’écume

Qui fonce dans la brume

Les vagues en avant

Poussées par le vent

J’aime la mer tigresse

Qui me remplit d’ivresse

Perché sur le récif

Du rivage lascif.

tableau d’Alexander Dzigurski

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AU BORD  DE LA MER

Quand la valse des vagues

Accompagne ta rêverie,

Quand la mer gorge de pigeon

Roucoule entre les rochers,

Tu arpentes la grève immense

Et, dans la mélancolie du soir,

Tu cherches la trace de tes pas

Pour retrouver ton chemin,

Avant d’affronter l’image de ton corps

Nu dans le miroir du couloir.

Par des chemins de perversité,

La mer insinue entre les îles

L’amplitude de sa marée

Et ma main glisse la timidité

De ses doigts malhabiles

Entre tes seins rebondis.

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VILLE

I

La nuit se renverse comme une bouteille d’encre sur la page du jour.

La tache s’étale que n’arrête pas l’horizon sur l’écriture des êtres et des choses.

Un rayon de lune glisse sur les tuiles. Un toit miaule.

Les réverbères éclaboussent les trottoirs où défilent les platanes, raides
comme à la parade, et qui longent une alternance de pavillons et de
terrains vagues, pas encore bâtis.

La chaussée ne me renvoie que l’écho de mes pas, accompagné
par le souvenir des tiens, sur de hauts talons.

J’irai jusqu’au bout de la ville, jusqu’à cette aube de lait et de rosée

qui accrochera des chants d’oiseaux sur les arbres du quai et les
poutrelles du pont Eiffel.

II

La route regagne à travers champs

La ville qui s’ennuie

Dans ses rues désertées.

Pour échapper à leur étreinte,

Nous courons main dans la main

Le long des façades maussades

Qui grimacent soudain.

Déjà nous ne poursuivons plus

Que les ombres de nous-mêmes

Trempées par la pluie

Et qui viennent se tordre

Dans la quiétude du quartier.

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DANS LE PORT

                  

Tu tiens tout un port

Entre tes mains

Avec tous ses navires

Voiles et cheminées

En instance de départ

Amarres bientôt larguées

Voiles carguées

Chaudières sous pression

Cargaisons chargées

Passagers embarqués

Tu ouvres les mains

Ils lèvent l’ancre

Et appareillent

Tu refermes les mains

Sur la rade presque vide

Et la mer s’éloigne

Les oiseaux de mer

En vols serrés

Donnent des coups de bec

A la brise du large

Une ombre se déploie

Sur la muraille

Sirène énigmatique

Et être nocturne

La vague déjà froide

Te prend dans son étreinte

Et tu redeviens la fille de l’écume.

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             TRIBULATIONS   ENTRE  TERRE  ET   MER

                                                  1

L’oiseau cache son nid dans le plus épais de la haie,

Pour le soustraire aux regards, dans une terre de refuge,

De semailles et de moissons à venir.

Des voix pondérées et des appels stridents déchirent les silences

Dans lesquels les mouettes poussent des cris affamés.

Le soleil s’abaisse graduellement

Vers les flots hostiles d’une mer écumante

Qui courent à perdre haleine vers les sables ;

J’entends le chant des  oiseaux qui ont froid et claquent du bec.

Une souillure estampille  l’espace d’où le soleil  giclera,

Parmi des cortèges de nuages furtivement poussés par le vent.

Je suis à l’écoute du  grognement  soutenu de la mer voisine,

Tandis que le va et vient rayonnant d’un phare éloigné

 Me frappe avec une ponctualité implacable

Et que  la vague et le vent enchevêtrent leurs mugissements.

La mer est une réserve d’enchantements et de maléfices:

Des  nuages replets se soulagent

Et naviguent, plus légers, dans un ciel tempéré.

Un bouquet de nuées blanches et roses fleurit

Dans le firmament sous lequel je rédige des messages

En lettres fermes, à ton intention.

A  travers une fraîche  prairie d’herbe verte,

Je franchis  la circonférence qui entoure le vide

Où dépérissent les fleurs fragiles,

Penchées et closes à cause des frimas.

Sous la délicatesse du ciel, je voudrais  mourir

D’amour en pleine lumière, mais le soleil est hors d’usage.

photographie personnelle : la mer bretonne

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DANS LA PLAINE

Je vagabondais dans la plaine.
Les nuages volaient bas
Et, du sol fauché ras,
Montait une troublante haleine.

La brise me frôlait les mains
Et caressait les gerbes
De blé mûr et les herbes
S’inclinant le long des chemins.

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  COULEURS

1

Qui fera naître

Cette couleur juvénile

Ce rouge brutal

D’un coquelicot de feu

Qui prélude à la création

Ce vert le plus tendre

De l’enfance du monde

Ce bleu immatériel

D’un regard humain

Ce blanc virginal

De la pureté originelle

D’une neige éternelle

Semée sur l’innocence

Des premiers instants ?

Je voudrais orchestrer

Un concert de couleurs

Qui deviendraient

Des nuances musicales

Et ces sons colorés

Seraient  l’ébauche

D’une harmonie en puissance

Sous un fragile ciel

D’un bleu porcelaine.

      Février 1986

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