A LA FENETRE

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A  LA  FENETRE

fenêtre ouverte aux insectes

d’une voix déguisée l ‘oiseau me parle

drapé de plumes fragiles

le monde  voluptueusement  couché

s’agenouille humblement à mes pieds pour être béni

des orties poussent sur le chemin de la perdition

et je vagabonde  au milieu de ronces couvertes de mûres encore vertes

et d’arbrisseaux aux fruits douteux

je grelotte  et me réchauffe entre tes bras

dans la maison étanche et hermétique

dans laquelle je vis à l’abri de toutes les atteintes

j’affectionne ta douceur

tes yeux ravissent  la clarté à l’astre du jour qui ose les affronter

de la fenêtre je cause  avec les oiseaux dans leur nid sur l’arbre voisin

la maison ferme ses yeux pour ne plus voir ce qui se passe dans le quartier

elle est baignée comme une île par la marée de la campagne environnante

et se noie dans l’abondance des feuillages

le soleil qui s’ épanouit le jour et la lune qui éclôt la nuit ne sont que deux grosses fleurs de lumière qui s’ouvrent dans le ciel

cet immense jardin suspendu au-dessus de nos têtes

et qui risquent de se faner

un soleil isolé navigue  dans mes rêves

 et veille sur le repos de l’été dans les immenses étendues

 avant qu’elles se livrent  à l’ardeur des moissons

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EVEIL A LA REALITE

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EVEIL  A  LA  REALITE

j’erre en rêve

je vagabonde en songe

mais me réveille dans le réel

repoussant l’effroi de vivre

qui m’étreint

je trouve en m’éveillant la miche sur la table

j’ouvre la porte de l’aube

sur une silencieuse éternité

sous le soleil de la déraison

le  diabolique désir de jouir me possède

et je suis irrémédiablement damné

j’atteins les limites de l’infini impénétrable

j’entends le grave chuchotement matinal  de  l’ avenue

aux maisons soupçonneuses

dans la  profondeur fantastique du silence

quand je me rends chez toi.

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A TRAVERS LES CHAMPS

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A TRAVERS LES CHAMPS

le soleil sur tes lèvres et la lune dans tes cheveux

qu’ébouriffent  les mains du soir

nous marchons dans des contrées de froid

rongées par des crépuscules voraces

et nous nageons dans des flots inconnus

sous la fraîcheur vespérale

où la campagne grelotte dans l’obscurité

sous l’arche du ciel

nos  cris font fuir les pies criardes

la hâte  des moissons nous rend fébriles

le soleil se couche dans l’herbe qui s’enlumine d’un dernier rayon à côté de nous

les mouettes rasent les sillons qu’elles prennent pour des vagues et la charrue qui trace son sillon

 pour la proue d’un navire qui creuse son sillage

dans un silence agressif nous traversons la plaine mouillée parcourue  par l’interminable pression des vents

tu es nue dans la nuit noire

tu seras vêtue dans le jour clair qui cachera  ta chair.

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AMERTUME

illustrationOn s’est trompé

Rien n’est aussi beau

Rien n’est aussi clair

Tous les fruits sont amers

L’amour reste sans réponse

A quoi te sert ta beauté

Si elle n’est que silence ?

ENV Novembre 1951

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Horizon

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L’horizon saigne

Comme une femme en couches

Alors que le soir baigne

Des amours louches.

ENV Octobre 1951

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TROMPERIE

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Je suis l’essence du rire

A la pointe d’un couteau

J’ai secoué plus d’un bateau

Sur une mer en délire

Ecoute tout bas en toi

Le silence inquiet des chaumes

Quand on te donne un royaume

Dont tu es le dernier roi

Ecoute cette faiblesse

De ta chair qui trompe l’oeil

Quand dans ton iris en deuil

Fleurit déjà la tendresse.

LA  FRESNAIS Août 1951

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Le Phénix

La nuit brûle

Jusqu’à n’être plus

Qu’un tas de cendres

D’où naît le jour.

1951

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